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Catarina Beato

150
  • Loove
  • 5 years ago
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Lorsque j’étais enfant, je faisais des cauchemars dans lesquels j’imaginais que j’allaitais un enfant. Etrange rêve qui me hantait et me faisait avoir un sentiment d’inconfort et d’embarras. Enceinte de mon premier enfant, je me suis promis de ne plus y penser. Il en fut ainsi jusqu’au moment où, une fois né, on a pausé mon premier enfant, sur mon buste, enveloppé dans une couverture blanche encore couverte de sang. C’est à ce moment là, après un accouchement normal et avec un tout petit bébé accroché à mon sein (unique chose dont il avait besoin pour survivre et prospérer), que je pris conscience de ma condition, je suis un mammifère.

Cela me prit du temps pour me sentir en harmonie avec ce coté animal de moi-même. Au premier abord, cette idée d’être essentielle à la survie de mon fils m’asphyxiait. Ensuite cela me rendit très fatiguée. Tout doucement, j’ai commencé à découvrir les plaisirs que ces moments impliquaient. Et jusque là, je le confesse, un voyage solitaire et presque  honteux, en raison des commentaires des autres disant que le garçon était accro au sein, et que si je dormais pas c’était de ma faute. J’ai aussi découvert que cette chose que l’on appelle la maternité peut être remise en question par un sentiment de culpabilité.

Huit ans on passé, mon fils a grandi et il est devenu un grand garçon, a garçon charmant, qui continue à mal dormir même en variant son alimentation. Je me suis alors aventurée dans la conception d’un second enfant, à présent en tant que mère célibataire, sans emploi, et sous la rumeur permanente d’une crise sévère à venir.

Un mammifère conscient et heureux, j’en étais là, après avoir donné naissance par les voies naturelles à mon second enfant, une petite créature agglutinée à ma poitrine. Mais cette fois personne ne s’est joué de moi. Mon lait serait fourni à mon fils aussi longtemps que chacun d’entre nous le voudrait. J’allaiterai fièrement face au regard des autres et je profiterai chaque seconde de ce moment d’amour, cette extension de création, ce lien sans frontière. Aujourd’hui mon fils le plus âgé est mon premier supporter.

Je suis une mère, et dans l’intervalle, je suis toujours une journaliste. J’ai 34 ans. Je viens de banlieue et je suis gâtée. Je suis un mammifère, c’est mon essence.

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